Pourquoi ce projet ?

Ce premier livre est le récit d'un voyage initiatique au coeur des coutumes kanak, la recherche dans le passé de tous les non-dits de la famille.

Une recherche personnelle, bien entendu, mais aussi un moyen de raconter le poids des coutumes dans la vie des kanaks.

Pour ce peuple qui a une tradition de transmission orale, la parole et le silence valent de l'or.

La volonté de l'auteur est, comme le dit le titre, de libérer ces paroles.

Le Projet global

Tout est parti d'un projet personnel : raconter la vie de ma mère, qu'elle garde secrète, qu'elle ne révèle que par bribes, pour pouvoir comprendre comment elle s'est construite en tant que femme, mère et kanak loin de sa famille. Pourquoi ce mutisme ? Une enfance malheureuse, une culture du silence ou juste une crainte de ma part de poser les bonnes questions ? Et en rencontrant d'autre métis et kanak de ma génération, la réponse récurrente : c'est culturel.

Dès lors, une seule envie : aller d'abord poser des questions à ma famille pour écrire un livre biographique sous la forme d'une enquête de terrain, puis creuser encore, questionner d'autres femmes, d'autres kanak pour comprendre la place qui est faite dans cette société aux femmes et aux mères. Comprendre comment on devient mère alors que son enfant appartient plus au clan qu'à soi et découvrir la filiation dans la société kanak et l'adoption coutumière.

Comment ça a commencé ?

Ah! La procrastination... cela faisait 20 ans que j'y pensais, que j'imaginais ce livre en repoussant toujours au lendemain ce projet. Et un soir de Noël, comme souvent dans les fêtes familiales, un secret est ressorti. C'en était trop, il fallait que je me lance et que j'aille enquêter sur le terrain. Je me donne un an pour préparer mon départ vers la Nouvelle Calédonie et monter mon projet. Mais deux mois plus tard, un frère de ma mère décède et d'autres secrets sont dévoilés. C'est cet évènement qui marque le point de départ du livre en précipitant son lancement.